Le laboratoire français de gemmologie (LFG) est installé rue Notre Dame des Victoires à Paris. Il dépend de la Chambre de Commerce de Paris, qui est à l’origine, dès 1929, de nombreux laboratoires destinés aux professionnels, dont le LFG.

Lorsqu’un lot de perles est envoyé au laboratoire, la première action est de séparer les perles de culture des perles d’imitation. Parmi les perles de culture, il s’agit ensuite de distinguer les perles d’eau de mer et d’eau douce.

Aujourd’hui, les missions du LFG sont plus variées et vont plus loin. Il examine les perles à noyau ou sans noyau, classiques ou baroques. Il détermine de quel mollusque elles sont issues, si ce mollusque est ou non protégé…

En effet, Aurélien Delaunay rappelle qu’une perle est le résultat d’un processus de biominéralisation : une sécrétion minérale réalisée par un animal vivant, en l’occurrence un mollusque. C’est une gemme dite organique.

Les perles les plus rares sont les perles fines (ou naturelles, sans intervention humaine). Elles ne représentent que 0,2% du marché. Les perles de culture d’eau douce et sans noyau sont quant à elles les plus ressemblantes à celles-ci mais ne doivent pas pour autant être confondues.

C’est afin de bien dissocier toutes les perles que les analyses du LFG sont si techniques et adaptées à chaque type de perle. D’abord, la perle est observée à la loupe ou à la binoculaire. Le trou de perçage donne par exemple des informations sur la présence ou non d’un noyau visible. La surface de la perle est aussi observée : nacrée ou non nacrée, polie, en queue de comète, etc. Sans oublier la forme et la couleur de cette perle.

Pour cela le laboratoire est équipé de matériel de haute technologie.

Il utilise la luminescence aux rayons X qui permet de distinguer les perles de culture d’eau de mer et d’eau douce.

L’outil le plus utilisé par le laboratoire est la radiographie. La machine installée au LFG a été développée à Annecy afin de réaliser de la micro-radiographie. Elle permet aussi de procéder à la tomographie : la reconstitution du volume de la perle grâce à des radios multiples.

Le laboratoire utilise aussi différents type de spectromètre :

  • Le spectromètre de fluorescence X qui permet d’analyser jusqu’à 15 échantillons en même temps.
  • Le spectromètre UV-visible, ou spectromètre d’absorption qui renseigne sur le mollusque et sa nature (traité ou non traité).
  • Le spectromètre Raman qui permet de voir si la perle a été traitée et chauffée. Ce spectromètre permet aussi de réaliser une spectrométrie de photoluminescence.

Les développements de la technologie permettent de mieux analyser les structures des perles et de mieux différencier les perles de culture des perles fines.

En effet, tous les moyens sont bons pour chercher à tromper sur la qualité des perles. De nouvelles techniques permettent par exemple d’insérer des noyaux de perles fines de mauvaise qualité ou des perles de culture d’eau douce sans noyau dans d’autres perles … Heureusement les laboratoires détectent de plus en plus aisément ce type de manipulations.

Par Aurélien Delaunay, directeur du LFG